In this piece
Face au retour des doctrines collectivistes, défendre la liberté des Français et la France elle-même.
Une guerre qui ne dit pas son nom
Il est des heures où une nation doit regarder en face ce qui la menace. Cette heure est venue.
La France ne connaît plus les chars aux frontières ni le rideau de fer coupant l’Europe en deux. Mais qu’on ne s’y trompe pas : la guerre froide n’a pas pris fin, elle a changé de visage. Elle ne se livre plus sur les cartes d’état-major. Elle se livre dans les esprits, dans les lois, dans la lente érosion de ce qui fait qu’un peuple demeure libre.
Car le socialisme et le communisme, que l’on croyait ensevelis sous les décombres du mur de Berlin, n’ont pas disparu. Ils ont seulement changé d’habit. Ils ne réclament plus la dictature du prolétariat ; ils réclament l’État partout, l’impôt sur tout, le soupçon envers quiconque entreprend, ose, réussit. Et, sous des noms nouveaux, ils poursuivent le même dessein : soumettre l’individu à la collectivité, la nation à l’idéologie, la liberté à la contrainte. Voilà l’adversaire.
Ce que l’Histoire a jugé
Le communisme a promis l’abondance et partagé la misère. Le socialisme promet la justice et distribue la dépendance.
L’Histoire a rendu son verdict, et ce verdict est sans appel. Partout où le communisme a régné, il a apporté la pénurie, la peur et le silence. De Moscou à Phnom Penh, de Berlin-Est à La Havane, il a promis le paradis des travailleurs et livré les files d’attente, les camps et les murs. Les peuples ne fuyaient pas vers l’Est. Ils fuyaient vers l’Ouest, au péril de leur vie.
Le socialisme, lui, prétend être plus doux. Il ne fusille pas ; il administre. Il ne déporte pas ; il taxe, il réglemente, il assiste. Mais le chemin est le même, seule la pente est moins raide. À force de tout attendre de l’État, le citoyen cesse d’être un homme debout. À force de prélever, on décourage. À force de niveler, on abaisse.
Le socialisme est une machine patiente. Elle transforme les citoyens en usagers, les usagers en assistés, les assistés en clientèle. On ne naît plus Français : on naît ayant droit.
Pendant quarante ans, une partie de nos élites a préféré, selon le mot de l’époque, « avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ». Pendant que l’Est construisait des murs, on trouvait à Paris des voix pour en saluer le « bilan globalement positif ». L’Histoire a tranché. Aron avait raison.
Et la France, qu’en a-t-elle reçu ? Une dette qui pèse sur les enfants qui ne sont pas encore nés. Une dépense publique parmi les plus lourdes du monde libre. Des entrepreneurs qui partent, des jeunes qui doutent, des paysans qui s’épuisent sous les normes. Une nation qui fut celle de Pasteur, des frères Lumière et des bâtisseurs, et que l’on voudrait réduire à un guichet.
« Prions l’autorité de rester dans ses limites ; qu’elle se borne à être juste. Nous nous chargerons d’être heureux. »
Ce qu’il faut défendre
Il faut donc combattre. Non par la haine, mais par la volonté. Non contre des hommes, mais contre des doctrines.
Il faut défendre la liberté d’entreprendre, car c’est elle qui crée la richesse que d’autres prétendent seulement partager. Il faut défendre la propriété, car un peuple de propriétaires est un peuple libre. Il faut défendre le mérite, car une nation qui ne récompense plus l’effort cesse bientôt d’en fournir.
Il faut défendre l’État, oui, mais l’État à sa place : fort dans ses missions régaliennes, sobre dans tout le reste. Un État qui protège les Français, et non qui les tient en tutelle. Un État qui garantit l’ordre, la justice et la défense, et qui laisse au peuple le soin de vivre, de travailler, d’oser. Montesquieu l’avait compris : tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et la liberté ne survit que si « le pouvoir arrête le pouvoir ».
Il faut enfin défendre la nation elle-même. Car le collectivisme a toujours méprisé les patries. Il ne connaît que des classes. La France, elle, connaît des Français, tous les Français, héritiers d’une même histoire et comptables d’un même avenir.
Une France libre, fière et entreprenante
La liberté n’est pas une idée étrangère à la France. Elle est née chez nous. Frédéric Bastiat l’avait dit dès 1848 : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » Il nous enseignait à regarder ce qu’on ne voit pas : l’atelier qui n’ouvre pas, l’emploi qui ne naît pas, l’épargne détournée par chaque taxe que l’on présente comme un bienfait. Car tout ce que l’État donne, il l’a d’abord pris. Un siècle plus tard, Milton Friedman rappelait que rien n’est gratuit, et qu’une société qui fait passer l’égalité des conditions avant la liberté finit par n’avoir ni l’une ni l’autre. Qu’on rende donc aux Français le fruit de leur travail, la liberté de choisir, le droit d’entreprendre sans demander la permission. Un peuple libre de créer est un peuple qui prospère.
Blériot n’a pas demandé de subvention pour traverser la Manche. Eiffel n’a pas attendu que l’État paie sa tour : il en a financé l’essentiel. Les frères Michelin n’ont pas sollicité de guichet pour inventer le pneu démontable. Ils ont osé.
Car la France n’a pas besoin qu’on la refasse : elle a besoin qu’on se souvienne de ce qu’elle est. Elle est la nation des cathédrales, de Jeanne d’Arc et de Pascal, de Molière et de Tocqueville. Elle a bâti des routes, des ponts, des arsenaux, des laboratoires, une langue que le monde a parlée. Elle a porté au-delà des mers une idée de l’homme. Cette France-là ne mendie pas. Elle ne s’excuse pas d’exister. Elle sait d’où elle vient, et c’est pourquoi elle sait où elle va.
La France demeure
La France a traversé les siècles sans jamais se soumettre aux idéologies qui prétendaient la refaire. Elle ne s’y soumettra pas davantage aujourd’hui.
La France ne se rendra pas.
Vive la liberté, vive la France.
Corentin GS — entrepreneur, Français libre
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